découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour
Non, le sixième sens n’est pas livré avec le handicap
aujourd’hui, attaquons-nous à une légende particulièrement tenace :
« Les personnes aveugles ont un sixième sens. »
Ah bon ?
Il y aurait donc, quelque part, une cérémonie secrète au cours de laquelle on nous remettrait un pouvoir supplémentaire, une cape et une carte de membre ?
Désolée de casser le mythe, mais non.
Une personne aveugle n’a pas un sens en plus.
Elle en a même, techniquement, un en moins.
Pas de super-pouvoir, mais de l’entraînement
Lorsqu’une personne déficiente visuelle repère un bruit, reconnaît quelqu’un à sa voix ou retrouve rapidement un objet, certaines personnes sont impressionnées.
Elles s’exclament :
« C’est incroyable, tu entends vraiment tout ! »
La vérité est moins magique, mais bien plus intéressante.
Les personnes déficientes visuelles apprennent à utiliser autrement les informations qui les entourent.
Elles prêtent davantage attention aux sons, au toucher, aux odeurs, à la mémoire et aux repères de l’environnement.
Ce n’est pas un sixième sens.
C’est de l’expérience, de la concentration et beaucoup d’habitude.
Un peu comme un parent capable d’entendre, depuis l’autre bout de la maison, qu’un enfant est en train de faire une bêtise.
Là non plus, ce n’est pas un super-pouvoir.
C’est de la survie.
Le handicap n’efface pas les compétences
Un autre préjugé voudrait que les personnes handicapées soient automatiquement moins compétentes.
Pourtant, le handicap n’empêche ni de réfléchir, ni de créer, ni de travailler, ni de diriger une équipe.
Il n’empêche pas davantage d’avoir des projets, de voyager, d’étudier ou de fonder une famille.
Le problème vient souvent moins de la personne que de l’environnement.
Un document inaccessible, un logiciel inutilisable avec un lecteur d’écran ou un bâtiment mal conçu peuvent créer une situation de handicap.
Ce n’est donc pas toujours la personne qu’il faut « réparer ».
Parfois, il suffirait simplement de réparer le site Internet.
Et, soyons honnêtes, certains en auraient vraiment besoin.
Autonome ne veut pas dire tout faire seul
Autre grande confusion :
« Si une personne demande de l’aide, c’est qu’elle n’est pas autonome. »
Non.
L’autonomie, ce n’est pas refuser toute aide en serrant les dents pour prouver quelque chose au monde entier.
C’est pouvoir décider de sa vie, faire ses choix et demander un coup de main lorsque c’est nécessaire.
Une personne voyante qui demande son chemin n’est pas soudainement déclarée dépendante.
Alors pourquoi appliquer cette logique aux personnes handicapées ?
Certaines ont besoin d’une aide régulière.
D’autres, seulement dans quelques situations.
Et beaucoup souhaitent surtout que leur environnement soit accessible afin de pouvoir se débrouiller sans devoir appeler quelqu’un toutes les trois minutes.
Le handicap ne se voit pas toujours
Quand on pense au handicap, on imagine souvent une canne blanche ou un fauteuil roulant.
Pourtant, de nombreux handicaps sont invisibles.
Cela peut concerner certains troubles sensoriels, psychiques ou neurologiques, ainsi que des maladies chroniques.
L’absence de signe visible ne signifie pas que la personne invente ses difficultés.
Et une personne qui utilise une canne blanche ne voit pas forcément uniquement du noir.
Le handicap visuel regroupe des situations très différentes.
Certaines personnes ne voient rien.
D’autres perçoivent des formes, des couleurs ou une petite partie de leur environnement.
Il n’existe pas un modèle unique de la personne déficiente visuelle, fabriqué en série avec les mêmes options.
Ni héros, ni malheureux professionnels
Les personnes handicapées sont parfois présentées comme forcément malheureuses.
Ou, à l’inverse, comme extraordinairement courageuses simplement parce qu’elles font leurs courses, travaillent ou prennent le bus.
Aller acheter du pain n’est pas un exploit olympique.
C’est souvent juste une personne qui avait envie de pain.
Les personnes handicapées peuvent être heureuses, tristes, ambitieuses, paresseuses, drôles, réservées, impatientes ou de mauvaise humeur.
Elles peuvent réussir certaines choses et en rater d’autres.
Bref, elles sont humaines.
Le handicap ne transforme pas automatiquement quelqu’un en héros inspirant.
Il ne résume pas non plus toute son identité.
Une personne peut être aveugle, mais aussi parent, collègue, passionnée de musique, mauvaise perdante aux jeux de société et incapable de résister à un gâteau au chocolat.
Pourquoi ces préjugés persistent-ils ?
Parce que beaucoup de personnes connaissent mal le handicap.
Elles remplissent alors les blancs avec des images vues dans les films, des idées anciennes ou leurs propres peurs.
Elles imaginent soit une personne totalement dépendante, soit un super-héros doté de sens extraordinaires.
La réalité est beaucoup plus simple.
Les personnes handicapées ont des capacités, des limites, des qualités, des défauts et des besoins différents.
Comme tout le monde.
Le préjugé le plus important à faire disparaître est peut-être celui qui consiste à croire que le handicap définit entièrement une personne.
Le handicap fait partie de sa vie.
Mais il n’est pas toute sa vie.
Et pour le sixième sens, désolée :
Il faudra chercher ailleurs.
Ici, nous avons surtout développé le sens de l’humour.
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