Overblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour

Publicité

La baguette magique épisode 2

Publicité

Non, nos enfants ne sont pas nos assistants personnels !

Cette semaine, je continue à mettre en lumière les commentaires laissés sur ma page Facebook, sous l’article du jeu-concours consacré aux préjugés que nous aimerions voir disparaître.

Après le célèbre :

« Mais comment vous faites ? »

Voici un autre grand classique concernant les parents en situation de handicap visuel :

« Vous avez eu des enfants pour qu’ils vous aident plus tard ? »

Oui, bien sûr.

Certaines personnes choisissent un prénom, préparent une chambre et achètent une poussette.

Les parents déficients visuels, eux, rempliraient apparemment un formulaire de recrutement :

Poste à pourvoir : assistant personnel. Début du contrat dès la naissance. Expérience non exigée. Maîtrise de la marche souhaitée sous douze à dix-huit mois.

Soyons sérieux deux minutes.

Un enfant n’est pas un projet d’aide à domicile

Aucun parent ne décide d’avoir un bébé en se disant :

« Excellente idée ! Dans quelques années, il pourra retrouver mes clés et lire les étiquettes au supermarché. »

Ce serait tout de même un pari particulièrement risqué.

Avant que l’enfant puisse éventuellement donner un petit coup de main, il faut le nourrir, le changer, le soigner, l’habiller, le rassurer et répondre à environ trois mille questions par jour.

Sans oublier les nuits trop courtes, les jouets qui traînent et les chaussettes qui disparaissent mystérieusement dans la machine à laver.

En matière de rentabilité, il existe franchement de meilleurs investissements !

Comme dans toutes les familles, un enfant peut aider ponctuellement ses parents.

Il peut ramasser un objet, lire une information ou signaler un obstacle.

Mais cela ne signifie pas qu’il devient responsable du handicap de son parent.

Il reste avant tout un enfant, avec le droit de grandir, de jouer, de faire ses propres expériences et même, parfois, de ne pas avoir envie de ranger sa chambre.

« Arrêtez de nous prendre pour des idiotes »

Derrière certaines questions se cache une idée encore plus gênante :

Une personne déficiente visuelle serait moins capable de comprendre, de décider ou d’élever correctement son enfant.

Ne pas voir n’empêche pourtant ni de réfléchir, ni d’aimer, ni de poser un cadre éducatif.

Les parents déficients visuels organisent leur quotidien, utilisent des outils accessibles et développent leurs propres méthodes.

Ils peuvent rencontrer des difficultés, bien sûr.

Mais quel parent n’en rencontre pas ?

La parentalité n’est pas une science exacte réservée aux personnes qui voient.

Aucun bébé n’arrive avec un mode d’emploi, une garantie de cinq ans et un service après-vente disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Tous les parents apprennent sur le terrain.

Parfois avec confiance.

Parfois avec des doutes.

Et souvent avec une lingette dans une main et un café froid dans l’autre.

Voir avec le cœur… mais pas seulement

On entend parfois que les parents aveugles « voient avec le cœur ».

L’expression est jolie et l’amour est évidemment essentiel.

Mais attention à ne pas transformer les personnes déficientes visuelles en personnages poétiques vivant uniquement grâce à leur intuition et à une poussière d’étoiles.

Elles ne s’occupent pas de leurs enfants par magie.

Elles utilisent leurs compétences, leur expérience, leurs autres sens, leur organisation et les adaptations nécessaires.

L’amour compte énormément.

Mais les techniques, l’autonomie et l’apprentissage comptent aussi.

Pourquoi ces préjugés existent-ils ?

Les personnes voyantes ont souvent du mal à imaginer une autre façon de faire que la leur.

Elles se demandent comment elles accompliraient une tâche sans voir et, parce qu’elles n’ont jamais appris à le faire, elles concluent que cela doit être impossible.

C’est là que naît le préjugé.

On confond une méthode différente avec une absence de capacité.

On confond le besoin occasionnel d’aide avec une dépendance permanente.

Et l’on oublie qu’une personne déficiente visuelle a eu toute une vie pour apprendre à s’organiser, alors que la personne voyante vient seulement de fermer les yeux depuis trente secondes.

Les parents en situation de handicap visuel n’ont pas besoin d’être admirés comme des héros.

Ils ont encore moins besoin d’être considérés comme incapables.

Ils ont surtout besoin d’être reconnus pour ce qu’ils sont :

Des parents qui aiment leurs enfants, les accompagnent et font de leur mieux.

Exactement comme les autres.

Et non, les enfants ne sont pas livrés avec l’option « assistant personnel ».

Heureusement, car ils sont déjà bien trop occupés à perdre leurs chaussures cinq minutes avant de partir à l’école.

#HandicapVisuel #ParentalitéEtHandicap #StopAuxPréjugés #ParentsAutrementCapables #Sensibilisation

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article