Overblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour

Publicité

Laisse ma canne blanche, elle est mon œil, moi je ne t'attrape pas par leuheu....

Publicité

Il nous arrive à toutes et à tous de demander de l’aide : pour trouver notre chemin, l’entrée d’un magasin, l’accueil dans un service public, la bonne porte, le bon couloir, ou ce fameux bureau qui semble avoir été caché par un architecte sadique.

Et quand nous demandons de l’aide, et que les personnes nous l’apportent, généralement, tout se passe plutôt bien. On échange, on guide, on arrive à bon port, tout le monde est content, personne ne finit dans une fontaine municipale.

Mais quand nous ne demandons absolument rien, l’aide que l’on nous propose — ou parfois que l’on nous impose — part souvent d’une bonne intention, oui. Mais elle n’est pas toujours faite de la bonne manière. Et là, comment dire… ça peut vite ressembler à une scène de comédie, sauf que pour la personne aveugle, ce n’est pas toujours très drôle.

Alors voici quelques trucs et astuces qui pourront vous servir le jour où vous croiserez une personne aveugle.

Première chose très importante : notre canne blanche, ce sont nos yeux.

Elle doit toujours rester au sol, parce que c’est grâce à elle que nous détectons les obstacles, les marches, les trottoirs, les poteaux qui surgissent de nulle part, et autres joyeusetés urbaines.

Donc non, il ne faut pas nous attraper par le bout de la canne comme si vous veniez de gagner une remorque à tracter. Nous ne sommes ni un caddie, ni une valise à roulettes, ni un objet connecté en mode “suivez-moi”. La canne est un outil de sécurité. Si vous la soulevez ou la tirez, vous nous retirez notre repère.

Et rassurez-vous : ce n’est pas parce que vous êtes en contact avec une personne aveugle que vous allez devenir déficient visuel à votre tour. Ce n’est pas contagieux. Aucun risque de repartir avec une ordonnance pour une canne blanche.

Deuxième chose : ne nous donnez pas la main.

D’une part, nous ne sommes pas des enfants que l’on emmène à la sortie scolaire. D’autre part, vous n’êtes ni notre compagne, ni notre compagnon, ni notre moitié fraîchement rencontrée au rayon boulangerie.

Donner la main peut être un geste très intime pour certaines personnes. Et quand on ne connaît pas quelqu’un, mieux vaut éviter de passer directement au niveau “promenade romantique au bord du lac”.

Troisième chose : ne nous attrapez pas le bras pour nous emmener quelque part sans nous parler.

Nous ne sommes pas des objets. Nous ne sommes pas une chaise que l’on déplace parce qu’elle gêne le passage. Nous sommes des personnes, avec une voix, un cerveau, une volonté, et parfois même un sens de l’humour assez développé pour ne pas crier tout de suite.

Nous méritons au minimum un :
“Bonjour, puis-je vous aider ?”
Ou :
“Bonjour, est-ce que vous voulez de l’aide ?”

un simple :
“Vous avez besoin d’un coup de main ?”
fait déjà beaucoup mieux que l’option “enlèvement express sans consentement”.

 Quatrième chose : n’attrapez jamais le harnais d’un chien guide.

Le chien guide travaille. Ce n’est pas une poignée de valise, ce n’est pas un joystick, ce n’est pas un GPS à poils que l’on peut piloter à distance. Le harnais permet au chien de guider son maître ou sa maîtresse en sécurité. Si vous le touchez, le tirez ou le détournez, vous perturbez son travail et vous pouvez mettre la personne aveugle en danger.

Le chien sait ce qu’il fait. Il a été formé pour guider, éviter les obstacles, repérer certains dangers et rester concentré. Alors même s’il est magnifique, même s’il a une bouille de peluche diplômée bac +12 en mignonnerie, on ne touche pas au harnais. Et on évite aussi de le distraire pendant qu’il travaille.


Maintenant que nous avons vu ce qu’il vaut mieux éviter, passons aux bons gestes et aux bons comportements.

Si vous voyez une personne aveugle et que vous avez l’impression qu’elle est perdue — et seulement si vous avez vraiment cette impression — commencez simplement par lui parler.

Vous pouvez dire :
“Bonjour, puis-je vous apporter mon aide ?”
ou
“Bonjour, est-ce que je peux vous aider ?”
ou encore
“Bonjour, avez-vous besoin de quelque chose ?”

C’est simple, poli, respectueux, et ça évite de transformer une bonne intention en intervention commando.

Et surtout, ne cherchez pas à aider à tout prix. Peut-être que la personne sait parfaitement où elle va. Peut-être qu’elle attend quelqu’un. Peut-être qu’elle réfléchit. Peut-être qu’elle est juste en train de chercher mentalement si elle a bien éteint le four avant de partir — comme tout le monde.

Si elle vous répond :
“Non merci, ça ira”,
ne vous vexez pas. Ce n’est pas un rejet personnel, ce n’est pas une insulte à votre générosité, ce n’est pas un échec de votre carrière d’être humain serviable. C’est juste que nous n’avons pas toujours besoin d’aide.

En revanche, si la personne accepte votre aide, là aussi il y a une bonne manière de faire.

Placez-vous du côté opposé à la canne blanche ou au chien guide. Proposez votre bras ou votre épaule. L’idée, c’est que vous soyez légèrement devant la personne aveugle, afin qu’elle puisse sentir vos mouvements : quand vous ralentissez, quand vous tournez, quand le passage devient étroit, quand il faut s’arrêter.

Ensuite, marchez naturellement. Pas besoin de partir en mode robot ultra-lent, ni en marche militaire, ni en randonnée sportive. Une allure normale, tranquille, c’est parfait.

Prévenez la personne quand il y a un escalier, en précisant s’il monte ou s’il descend. Parce que “attention escalier” sans dire le sens, c’est un peu comme annoncer “surprise” sans préciser si c’est un gâteau ou une facture.

Vous pouvez aussi demander si elle souhaite d’autres indications : le nombre de marches, un obstacle à contourner, une porte à pousser, un passage étroit, un trottoir, une marche isolée, bref, tout ce qui peut être utile sans transformer le trajet en commentaire sportif.


Autre point important : ne soyez pas intrusif.

Vous ne connaissez pas cette personne. Ce n’est pas parce qu’elle est aveugle que sa vie privée devient un épisode de documentaire en accès libre.

Évitez les questions du genre :
“Vous êtes aveugle depuis quand ?”
“Mais vous voyez vraiment rien ?”
“C’est triste, non ?”
“Vous vivez seul ?”
“Vous faites comment pour cuisiner ?”

Vous ne poseriez probablement pas ce genre de questions à quelqu’un que vous venez simplement de croiser dans la rue. Alors gardons la même élégance ici.


Au moment de quitter la personne, dites-lui simplement qu’elle est arrivée, indiquez-lui éventuellement où elle se trouve précisément, puis dites au revoir.

Par exemple :
“Nous sommes devant l’entrée du bâtiment, la porte est juste devant vous. Je vous souhaite une bonne journée, au revoir.”

Et là, petit conseil : évitez le fameux “bon courage” lancé avec une voix de film dramatique.

Une personne aveugle n’a pas besoin qu’on la plaigne, qu’on la félicite d’exister, ni qu’on la transforme en héros ou héroïne du quotidien parce qu’elle va acheter du pain, prendre le bus ou chercher un bureau.

Pas besoin non plus de :
“Je vous plains.”
“Vous êtes tellement courageux.”
“Moi, à votre place, je ne pourrais pas.”

Bonne nouvelle : personne ne vous demande d’être à notre place. Et nous, nous sommes déjà très occupés à être à la nôtre.


Une personne aveugle est une personne comme les autres. La seule différence, c’est qu’elle ne voit pas, ou pas bien. Et comme tout le monde sur cette planète, elle a sa personnalité, ses habitudes, son autonomie, ses envies, ses limites, ses talents, ses coups de fatigue, ses bons jours et ses mauvais jours.

Finalement, aider une personne aveugle, ce n’est pas compliqué :
on dit bonjour, on demande, on respecte la réponse, on propose son bras si l’aide est acceptée, on guide calmement, et on évite de jouer au super-héros non sollicité.

Parce qu’une bonne aide, ce n’est pas celle qui prend le contrôle.
C’est celle qui respecte la personne.

#personneaveugle #canneblanche #chienguide #bienaccompagner #respecterlautre

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article