découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour
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De U à Z : six lettres pour arrêter de compliquer le handicap visuel
Nous voici au dernier jour de notre semaine consacrée au lexique.
Pendant quatre jours, nous avons avancé à raison de cinq lettres par jour. Aujourd’hui, place aux cinq dernières… accompagnées de leur petit bonus, la vingt-sixième lettre. Parce que l’alphabet compte vingt-six lettres et qu’il fallait bien caser tout le monde sans abandonner le Z sur le bord du trottoir.
Au programme : U, V, W, X, Y et Z.
Six lettres pour rappeler une chose essentielle : bien se comporter avec une personne aveugle ne demande ni cape de super-héros, ni diplôme spécial, ni formation secrète dispensée dans une grotte. Il faut surtout un peu de respect, de bon sens et la capacité de demander avant de décider.
U comme Universel
Demander avant d’aider. Écouter la réponse. Respecter un non. Ne pas toucher quelqu’un sans prévenir. Ne pas décider à sa place.
Bonne nouvelle : ces règles ne sont pas uniquement valables avec les personnes aveugles. Elles fonctionnent aussi avec les voisins, les collègues, les amis, les enfants, les grands-parents et même avec cette personne qui met trois heures à choisir son pain à la boulangerie.
Le respect n’est pas une adaptation spécialisée. C’est une base universelle.
Une personne aveugle reste une personne, avec ses choix, ses habitudes, ses limites, son caractère et parfois une envie très légitime qu’on arrête de lui expliquer comment elle devrait vivre sa propre vie.
V comme Vivre
Une personne aveugle ne passe pas ses journées à surmonter héroïquement son handicap sur une musique de film inspirante.
Elle vit.
Elle travaille, sort, cuisine, prend les transports, cherche ses clés, oublie de répondre à un message et peut rater un gâteau comme n’importe qui.
Pourtant, certains gestes ordinaires déclenchent parfois des réactions dignes d’une remise de médaille :
« Tu fais tes courses toute seule ? Quel courage ! »
Merci, mais acheter une baguette n’est pas forcément une expédition sur l’Everest.
Vivre avec un handicap visuel peut demander des adaptations et de l’énergie. Cela ne transforme pas chaque action quotidienne en exploit. Une personne aveugle a aussi le droit d’être banale. Et franchement, la banalité fait parfois beaucoup de bien.
W comme Waouh
« Waouh, tu utilises un téléphone ? »
Oui. Et parfois même avec des applications. Attention, révolution technologique en cours.
L’émerveillement permanent peut sembler gentil, mais il finit par donner l’impression que l’autonomie d’une personne aveugle relève du paranormal.
On peut admirer une véritable compétence, un talent ou une réussite. En revanche, inutile de sortir les confettis parce qu’une personne s’est préparé un café.
Restons naturels. Une casserole de pâtes n’est pas un numéro de cirque, même lorsqu’elle est manipulée sans contrôle visuel.
X comme Xième fois
Il y a des questions qu’une personne aveugle entend une fois, deux fois, dix fois, puis beaucoup trop de fois :
« Tu ne vois vraiment rien ? »
« Tu es sûre que tu peux le faire ? »
« Ah pardon, j’ai dit “tu vois” ! »
La personne concernée peut expliquer, informer et sensibiliser. Mais elle n’est pas un service après-vente de la cécité ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Expliquer toujours les mêmes choses peut fatiguer. Il est donc utile d’écouter, de retenir ce qui a déjà été dit et d’accepter que, certains jours, la personne n’ait tout simplement pas envie de donner un cours improvisé sur le handicap visuel.
Y comme Y compris
« On ne t’a pas invitée, on pensait que ce serait compliqué. »
Voilà une phrase capable de transformer une bonne intention en exclusion très efficace.
Inclure une personne aveugle, c’est lui proposer de participer aux sorties, aux projets, aux réunions, aux fêtes et aux décisions. C’est lui permettre de répondre elle-même : oui, non, peut-être, ou « d’accord, mais voyons comment nous organiser ».
Inclure ne veut pas dire forcer. Cela signifie simplement ne pas décider à sa place avant même de lui avoir posé la question.
Gardons-lui une place dans le groupe. Et tant qu’à faire, indiquons-lui clairement où se trouve la chaise.
Z comme Zéro excuse
Après vingt-six lettres, il devient difficile de dire :
« Je ne savais pas. »
Nous savons désormais qu’il faut demander avant d’aider, écouter la réponse, respecter le refus, prévenir avant de toucher, donner des indications précises et éviter de transformer une personne aveugle en victime, en héroïne ou en énigme mystérieuse.
Zéro excuse ne signifie pas zéro erreur.
Nous pouvons tous être maladroits. L’important est d’écouter lorsqu’on nous corrige et de modifier nos habitudes. Une bonne intention ne suffit pas toujours : encore faut-il que l’aide soit réellement utile et respectueuse.
Finalement, ces six dernières lettres résument tout le lexique : une personne aveugle n’a pas besoin que l’on soit parfait avec elle.
Elle a besoin qu’on la considère, qu’on l’écoute et qu’on lui laisse la possibilité de choisir.
Avant de vouloir bien faire, commençons donc par demander.
Cela évitera beaucoup de maladresses, quelques grands « waouh » inutiles et probablement deux ou trois opérations de sauvetage autour d’une simple cafetière.
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