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Faire le ménage quand on est aveugle ou malvoyant : difficile, oui… mais impossible, certainement pas! Même nous nous n'échappons pas à cette corvée. 😢
Je voudrais d’abord remercier chaleureusement la personne qui m’a confié que, pour elle passer la serpillière n’est pas toujours simple . J’ai trouvé cela très parlant. Cette remarque m’a donné envie d’écrire cet article.
Car il faut le dire simplement : le ménage peut parfois être quelque chose de difficile pour une personne aveugle ou malvoyante . Non pas parce que nous serions incapables de le faire, mais parce que beaucoup de tâches ménagères reposent encore énormément sur la vue. Voir la poussière, repérer une tache, remarquer des miettes oubliées, vérifier qu’un coin est propre ou qu’une toile d’araignée a disparu… tout cela paraît banal quand on voit. Quand on ne voit pas, ou mal, cela demande d’autres techniques, plus de méthode, plus de temps, et parfois aussi un peu plus d’énergie. Le plus compliqué, ce n’est pas le geste : c’est le repérage On pourrait croire que faire le ménage consiste seulement à passer un chiffon, un balai, un aspirateur ou une serpillière. En réalité, le plus compliqué n’est pas forcément le geste lui-même. Le vrai défi, c’est souvent de savoir où nettoyer, où insister, ce qui a déjà été fait, et ce qui a échappé au premier passage.
Une personne voyante voit immédiatement s’il reste de la poussière sur un meuble ou une trace sur le sol. Une personne aveugle, elle, doit remplacer ce contrôle visuel par autre chose : le toucher , la mémoire de l’espace, l’habitude, la logique, et une bonne dose de méthode. En clair, là où certains jettent un coup d’œil, nous faisons parfois une véritable enquête domestique. Le toucher, notre meilleur allié Dans les tâches ménagères, le toucher est indispensable. Il permet de sentir si une surface est encore poussiéreuse, si une table accroche un peu sous la main, si le sol n’est pas parfaitement net, ou si un endroit colle encore légèrement. Là où la vue repère, le toucher confirme.
Pour ma part, par exemple, quand je passe l’aspirateur ou quand je lave les sols, je le fais pieds nus . Dit comme cela, on pourrait croire à une drôle de lubie ménagère, mais il y a une vraie raison. Être pieds nus me permet de mieux sentir le sol : repérer une miette oubliée, une zone encore collante, une irrégularité, ou simplement vérifier qu’une surface est bien propre. Mes pieds deviennent en quelque sorte un outil de contrôle supplémentaire. Certains ont l’œil du tigre ; moi, j’ai parfois le pied de l’inspectrice. Une méthode très simple : avancer ligne par ligne Quand on est aveugle ou malvoyant, improviser dans le ménage n’est généralement pas la meilleure idée. Nous sommes souvent très méthodiques . Pour faire la poussière, passer l’aspirateur ou laver le sol, nous avançons souvent ligne par ligne , zone par zone, sans nous fier au hasard.
Cela permet d’éviter les oublis et de garder un repère clair dans l’espace. On sait où l’on a commencé, où l’on est passé, et ce qu’il reste à faire. Ce n’est peut-être pas spectaculaire, mais c’est efficace. Et entre une méthode rigoureuse et une chasse approximative à la poussière, le choix est vite fait. Pourquoi je passe parfois deux fois au lieu d’une Quand je fais la poussière, par exemple, je préfère souvent passer deux fois plutôt qu’une seule . Même chose pour certains sols, notamment dans la cuisine. Pourquoi ? Parce que certaines zones sont plus exposées que d’autres : autour de l’évier, près du plan de travail, devant la plaque de cuisson, sous la table… Ce sont des endroits où il y a de fortes chances qu’une tache, une trace grasse ou une saleté ait décidé de s’installer.
Alors, autant laver deux fois plutôt qu’une , et frotter à des endroits stratégiques , pour être sûre que les taches qui ont probablement élu domicile là finissent par partir. Ce n’est pas une obsession du ménage parfait, c’est simplement une manière logique de compenser l’absence de contrôle visuel immédiat. En somme, je ne vois pas forcément la tache, mais je connais ses habitudes. Balai, aspirateur : il y a quand même un grand gagnant Soyons honnêtes : entre le balai et l’aspirateur, il y a souvent un favori. Et ce favori, c’est clairement l’aspirateur .
Le balai demande de localiser la saleté, de la rassembler, puis de vérifier qu’on ne l’a pas simplement déplacée ailleurs. L’aspirateur, lui, permet un nettoyage plus uniforme. On avance méthodiquement, on couvre toute la surface, et le résultat est souvent plus fiable. C’est plus simple, plus pratique, et franchement moins agaçant que de soupçonner une miette d’avoir survécu quelque part dans un coin. Et maintenant, les robots s’en mêlent Aujourd’hui, il existe aussi des solutions très utiles comme les robots qui aspirent et lavent tout seuls . Oui, le ménage a désormais son petit côté science-fiction, et ce n’est pas plus mal.
Ces appareils peuvent vraiment faciliter le quotidien. Même s’ils sont de plus en plus tactiles, il est aussi possible de les commander à distance via une enceinte connectée ou un téléphone . Cela permet de lancer un nettoyage facilement, sans avoir à manipuler l’appareil en permanence. Et franchement, quand un robot accepte de nettoyer pendant qu’on fait autre chose, ce serait presque impoli de refuser son aide. La poussière et les toiles d’araignée : ces grandes artistes du camouflage Faire la poussière demande souvent beaucoup de rigueur. Là encore, le problème n’est pas de tenir un chiffon, mais de vérifier qu’aucune zone n’a été oubliée. Quant aux toiles d’araignée, elles ont un talent particulier : elles sont fines, discrètes, souvent en hauteur, dans des coins, et rarement assez aimables pour se signaler d’elles-mêmes.
Les retirer n’est pas impossible, bien sûr, mais cela demande davantage de repères et parfois plus de prudence, notamment lorsqu’il faut atteindre une zone en hauteur ou contourner des meubles. Le défi, ce n’est pas la volonté de faire, c’est l’accès à l’information visuelle qui manque. Cela s’apprend aussi Il est important de rappeler que ces gestes du quotidien ne s’inventent pas toujours seuls. Nous pouvons avoir recours à des services qui enseignent les activités de la vie journalière , grâce à une ergothérapeute ou à une éducatrice spécialisée dans ce domaine. Ces professionnelles apprennent des techniques concrètes pour cuisiner, ranger, nettoyer, s’organiser et gagner en autonomie.
Pour les enfants en situation de handicap visuel depuis la naissance, ces techniques sont souvent apprises dès l’enfance . Elles font partie des apprentissages utiles pour construire peu à peu une vraie autonomie dans la vie quotidienne. Et comme tout le monde, nous pouvons aussi demander de l’aide Il faut aussi dire les choses simplement : comme tout le monde, lorsque notre situation financière le permet, ou tout simplement que nous le souhaitons nous pouvons faire appel à une aide ménagère Ce n’est ni un échec, ni un aveu d’incapacité. C’est une solution pratique, réaliste, et très courante dans de nombreux foyers.
Derrière le ménage, il y a surtout pour nous il ne faut pas hésiter à le dire :
"de l’adaptation!"
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