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découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour

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En voilà une information que nous n'avions pas et que j'en suis sûre les instructeurs en locomotion n'ont pas non plus

En voilà une information que nous n'avions pas et que j'en suis sûre les instructeurs en locomotion n'ont pas non plus
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Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement cet éminent professeur de locomotion de trottoir, croisé en pleine banlieue parisienne, pour cette intervention aussi soudaine qu’inoubliable.

La scène mérite d’être posée.

Je marche tranquillement en direction de mon bus, sur un trottoir en descente. Le long de ce trottoir, détail qui a son importance, se trouvent sur la gauche des poteaux en bordure de route. Logiquement, je marche donc le plus à droite possible. Jusque-là, tout va bien.

J’arrive presque au carrefour, lorsqu’une voiture ralentit à ma hauteur. Puis elle ralentit encore une deuxième fois. Et là, surgissant de nulle part, tel un messie de la mobilité urbaine, un homme m’interpelle avec l’assurance des gens qui ne doutent jamais de rien :

« Vous devriez prendre votre canne dans la main droite. »

Ah.

Précision utile : je suis gauchère. Donc, oui, je tiens ma canne dans la main gauche. Comme on tient un stylo, une cuillère, ou globalement tout ce qu’on maîtrise mieux d’une main que de l’autre.

Mais notre expert du bitume ne s’arrête pas là. Non. Il m’explique, très sérieusement, que puisque le muret est sur ma droite, je devrais tenir ma canne dans la main droite afin de “taper contre le mur”.

Alors là, je dis merci. Merci pour cette révélation. Merci pour cette avancée majeure dans le domaine de la locomotion. Merci pour cette remise à niveau gratuite que, manifestement, les instructeurs spécialisés ont oublié de nous transmettre.

Car enfin, quelle logique révolutionnaire.

Prenons des notes, s’il vous plaît.

Quand un mur se trouve à droite : canne dans la main droite.
Quand un mur se trouve à gauche : canne dans la main gauche.
Quand il y a des poteaux : on improvise.
Quand il faut traverser la route : on change de main au milieu du passage piéton, évidemment.
Et quand il n’y a ni mur, ni muret, ni bordure ? Alors là, grand mystère. Peut-être faut-il la tenir entre les dents. La science avance.

Petit mémo humoristique à destination des instructeurs en locomotion :
vous avez travaillé des années, étudié des techniques, appris la sécurité, les repères, les trajectoires, l’exploration de l’environnement, la gestion des obstacles… alors qu’en réalité, il suffisait d’attendre qu’un inconnu en voiture vous explique tout en trente secondes depuis sa vitre.

Quel gâchis de formation, vraiment.

Plus sérieusement, ce genre de scène rappelle quelque chose de simple : ce n’est pas parce qu’une personne est en situation de handicap visuel qu’elle a besoin qu’un inconnu lui réinvente sa manière de se déplacer. Une canne blanche n’est pas un accessoire folklorique qu’on manipule au gré de l’architecture du quartier. C’est un outil maîtrisé, appris, adapté à la personne, à sa latéralité, à sa technique et à ses habitudes.

Autrement dit : non, on ne corrige pas quelqu’un sur sa canne blanche comme on commenterait la façon de tenir une baguette de pain.

La sensibilisation, la vraie, ce n’est pas parler à la place des personnes concernées ni leur donner des leçons sorties de nulle part. C’est comprendre que le handicap visuel ne retire ni l’intelligence, ni l’autonomie, ni l’expérience. Et surtout, surtout, c’est admettre que parfois, la meilleure aide consiste à se taire… ou à demander simplement :
« Avez-vous besoin d’aide ? »

Parce qu’entre aider et expliquer la vie à quelqu’un qu’on ne connaît pas, il y a un monde.

En tout cas, merci encore à ce monsieur, grand maître international du mur de droite et du trottoir inspiré. Grâce à lui, nous savons désormais que la locomotion n’est pas une affaire de technique, mais de décoration urbaine.

Je vous laisse méditer sur cette découverte capitale :
quand il n’y a pas de mur… où tient-on la canne ?

À demain pour de nouvelles aventures.

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