découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour
Hier, comme beaucoup de familles parisiennes (zone C oblige, merci les vacances d’hiver), nous avons troqué notre projet d’escapade pour une aventure exotique… à 20 minutes de métro : le formidable Jardin d’Acclimatation .
Franchement ? Très bon choix.
Un temps presque printanier (bon, version février, ne nous emballons pas), peu de monde, des enfants surexcités et, cerise sur la barbe à papa, notre carte “situation de handicap” qui nous permet d’accéder aux manèges par la sortie. Oui, vous avez bien lu : la sortie. Ce moment rare où, pour une fois, le handicap donne un petit coup d’accélérateur au quotidien. On prend. On savoure. On ne boude pas ce mini privilège.
Mais.
Parce que sinon ce ne serait pas drôle.
À plusieurs reprises, nous avons eu droit à cette perle administrative : “Les personnes en situation de handicap doivent être accompagnées d’une personne responsable.” Alors là, question sincère : c’est quoi, exactement, une personne responsable ?
Un être mythique ? Une créature légendaire qu’on invoque entre deux tours de manège ? Apparemment non ! Les personnes en question responsables, sont les trois enfants les plus âgées qui étaient avec nous.
Nos enfants sont des vrais. Qui mangent, qui courent, qui demandent des churros. Et il semblerait — accrochez-vous bien — que nous les ayons élevés jusqu’ici sans tuteur légal de secours accroché à notre ceinture. Mais selon le jardin d'acclimatation ils sont nés en étant des personnes responsables de nous…
Être en situation de handicap visuel ne transforme pas une personne en poussette géante.
Cela ne retire ni le permis d’être adulte, ni la capacité de prendre des décisions, ni le sens des responsabilités. Nous ne sommes pas des bébés géants qu’on promène entre deux attractions. Nous sommes des parents. Des adultes. Des gens.
Autre surprise du jour : selon les manèges (et surtout selon l’agent en poste), les règles variaient comme la météo parisienne. • Sur certains manèges : toute la famille ensemble, aucun souci.
• Sur d’autres : une seule personne en situation de handicap par tour.
• Parfois accompagnée.
• Parfois pas.
• Parfois oui si le vent est favorable et que Mercure est en rétrograde. Donc ce n’était ni une question de sécurité uniforme, ni une question de place. C’était… une question d’interprétation.
Et c’est là que l’humour laisse doucement place à quelque chose de plus important.
Le handicap visuel, ce n’est pas l’incapacité.
Ce n’est pas l’infantilisation.
Ce n’est pas une mise sous tutelle automatique.
Oui, certaines personnes ont besoin d’accompagnement.
Oui, la sécurité est essentielle.
Mais non, on ne peut pas décréter qu’une personne en situation de handicap n’est pas capable d’être responsable d’elle-même ou de ses enfants.
La vraie inclusion, ce n’est pas juste un accès prioritaire.
C’est aussi une reconnaissance pleine et entière de l’autonomie.
Alors, très chers agents — qui, soyons honnêtes, appliquent ce qu’on leur transmet — et très chère direction du Jardin d’Acclimatation :
mettez en place des règles claires.
Formez vos équipes.
Expliquez que le handicap visuel n’est pas synonyme d’incompétence.
Parce qu’un parc d’attractions, c’est fait pour créer des souvenirs joyeux, pas pour rappeler subtilement à certains qu’on les considère encore comme des enfants.
Nous reviendrons, bien sûr.
Avec nos enfants.
Sans adulte responsable supplémentaire.
Et promis, on saura toujours descendre d’un manège tout seuls.
@jardind'acclimatation #handicap #personneresponsable #attraction