découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour
Bien souvent je vous fais partager les aventures de Mamans avec leurs enfants dans les magasins, dans les transports en commun, dans les administrations, à l'école…
C'est donc tout naturellement aujourd'hui, que je viens vous parler de ceci.
Les enfants de parents déficients visuels ne sont pas nés avec une cape d’aidant On va mettre les choses au clair tout de suite :
les parents déficients visuels ont des enfants comme les autres.
Pas des assistants personnels.
Pas des GPS humains.
Pas des lecteurs de formulaires administratifs à plein temps.
Juste… des enfants.
Et pourtant, dans l’imaginaire collectif, il persiste une idée tenace : si un parent ne voit pas (ou mal), alors son enfant devient automatiquement son aidant. Comme si la parentalité venait avec une clause implicite : « Enfant, à ta majorité – voire avant – tu prendras le relais. » Spoiler : ce n’est pas comme ça que ça marche.  Non, on ne fait pas des enfants pour venir à notre secours Faire un enfant, ce n’est pas signer un contrat d’assistance à vie.
Ce n’est pas prévoir une solution de secours « au cas où ».
Ce n’est pas déléguer à la génération suivante ce que la société peine encore à rendre accessible.
Les parents déficients visuels font des enfants pour les mêmes raisons que tout le monde :
par envie, par amour, par projet de vie.
Pas pour avoir quelqu’un qui appuie sur les boutons de l’ascenseur ou qui lit le menu au restaurant.
Un enfant n’a pas à porter la responsabilité du handicap de son parent.
Ce n’est ni son rôle, ni son devoir, ni sa mission de vie.  Un enfant, ça a sa propre vie (oui, même quand ses parents sont aveugles) Les enfants de parents déficients visuels ont le droit : • d’être insouciants
• d’être fatigués
• d’avoir autre chose à penser que l’itinéraire du bus
• de rêver, de râler, de se tromper
• de vivre leur enfance… puis leur vie d’adulte Ils peuvent aider, bien sûr.
Comme tous les enfants aident parfois leurs parents.
Mais aider n’est pas être responsable.
La nuance est essentielle.  Parlons-nous. Directement. Sans intermédiaire. Autre situation beaucoup trop fréquente :
👉 parler à l’enfant au lieu de parler au parent déficient visuel.
« Tu peux dire à ta maman que… »
« Demande à ton papa si… »
« Tu peux lui lire ce que j’ai écrit ? »
Non.
Vraiment non.
Le parent est là.
Il entend.
Il comprend.
Il peut répondre.
S’adresser systématiquement à l’enfant, c’est : • l’instrumentaliser
• invisibiliser le parent
• et mettre l’enfant dans une position inconfortable, voire lourde émotionnellement Un enfant n’est pas un traducteur officiel du monde valide.  Grandir avec un parent déficient visuel, ce n’est pas un fardeau Il faut aussi le dire, parce que c’est important :
être enfant de parent déficient visuel, ce n’est pas forcément difficile, triste ou pesant.
C’est parfois différent, oui.
Ça développe souvent une grande capacité d’adaptation, d’empathie, d’humour aussi (beaucoup d’humour, parfois noir, souvent salvateur).
Mais ce n’est pas une enfance « sacrifiée ».
Ce n’est pas une enfance « volée ».
Ce n’est pas une histoire à plaindre par défaut.
La bienveillance, ce n’est pas la pitié.  Ce dont les familles ont besoin, ce n’est pas de héros… mais de respect Les parents déficients visuels n’ont pas besoin qu’on transforme leurs enfants en petits super-héros du quotidien.
Ils ont besoin : • d’accessibilité
• de solutions adaptées
• de services pensés intelligemment
• et d’un regard social plus juste Les enfants, eux, ont besoin qu’on les laisse être des enfants.
Avec la liberté d’aider ou pas .
Avec le droit de dire non.
Avec la certitude qu’ils ne sont pas responsables du monde des adultes.  En résumé (pour ceux qui lisent vite) • Les enfants de parents déficients visuels ne sont pas leurs aidants
• On ne fait pas des enfants pour qu’ils viennent à notre secours
• Les enfants ont leur propre vie, leur propre trajectoire
• Parlez aux parents, pas à travers les enfants
• Bienveillance ≠ pitié
• Handicap ≠ parentalité défaillante Et surtout : regardons les familles déficientes visuelles comme des familles. Point. Avec leurs défis, leurs forces, leurs maladresses, leur humour…
et leurs enfants, qui méritent d’être respectés autant que protégés.