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découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour

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La bienveillance, les couleurs pourquoi donc les réunir?

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Pour mon mariage, dans trois semaines, je me suis rendue avec mon conjoint chez un fleuriste. Avant de nous y rendre, nous avons pris rendez-vous par téléphone. Par souci de ne pas nous froisser, la vendeuse nous a très gentiment demandé :
« Est-ce que si je vous parle de couleur, cela vous poserait un problème ? »

Cette question peut sembler banale. Pourtant, elle ne l’est pas du tout.

Elle était posée avec douceur, sans gêne, sans malaise, simplement avec respect. Cette vendeuse ne supposait rien. Elle ne décidait pas à notre place. Elle nous laissait le choix. Et c’est exactement cela, la vraie bienveillance.

Bien entendu que non, cela ne nous posait aucun problème.

Mais voilà, les choses sont très différentes pour mon conjoint et moi.

Je suis non-voyante de naissance. Lui a perdu la vue lorsqu’il était enfant. Les couleurs ne veulent donc pas dire la même chose pour nous deux.

Avant de vous expliquer cette différence, je tiens à remercier sincèrement cette fleuriste. Elle a pris le temps de nous demander comment nous fonctionnions, comment nous parler, comment nous accompagner. Elle n’a pas eu peur de se tromper. Elle a simplement fait preuve d’humanité.

Et parfois, c’est tout ce dont nous avons besoin.

Mon conjoint, lui, a vu les couleurs. Il sait à quoi ressemble le bleu du ciel, le vert de l’herbe, le jaune du soleil. Même s’il ne voit plus aujourd’hui, ces couleurs existent toujours dans sa mémoire. Lorsqu’on lui en parle, ce sont des images qu’il a déjà connues qui lui reviennent.

Pour moi, c’est très différent.

Je suis non-voyante de naissance. Je n’ai jamais vu une couleur. Je ne sais pas ce que signifie « voir du rouge » ou « regarder du bleu ».

Et très souvent, j’entends cette phrase :
« Ah oui… mais du coup, le bleu, le jaune, le vert, le rouge… tu ne sais pas ce que c’est. »

En réalité, si.
Je sais ce que sont les couleurs — simplement pas de manière visuelle.

Pour une personne non-voyante de naissance, une couleur n’est pas une image.
C’est une idée.
Une information.
Un repère.

Les couleurs font partie de notre langage depuis l’enfance. On les apprend à travers les objets du quotidien.

Une orange, par exemple.

Je sais que le fruit porte le même nom que sa couleur. Je sais que la couleur orange est vive, chaleureuse, énergique. Je ne l’ai jamais vue, mais je sais ce qu’elle représente.

Quand on me parle du rouge, je pense à la fraise, au sang, au feu, aux panneaux d’interdiction.
Le jaune me rappelle le citron, le soleil, les gilets de sécurité.
Le vert évoque l’herbe, les légumes, la nature.
Le marron me fait penser au chocolat, au café, au bois.
Le blanc au lait, à la neige, à la propreté.
Le noir à la nuit, à l’élégance, parfois au deuil.

Les couleurs sont partout autour de nous, même sans les voir.

Elles sont dans la nourriture, les objets, les saisons, les émotions… et bien sûr dans les vêtements.

Contrairement à ce que l’on imagine souvent, une personne non-voyante de naissance ne s’habille pas au hasard.

Je sais, par exemple, qu’un pantalon noir peut se porter avec un haut blanc, beige ou coloré.
Je sais que le bleu marine et le blanc vont bien ensemble.
Que le gris et le rose pâle forment une association douce.
Que le beige et le marron se marient facilement.
Que certaines couleurs sont discrètes, d’autres plus voyantes.

Je ne vois pas ces associations, mais je les connais.

On me les a expliquées, je les ai apprises, comme n’importe quelle autre règle sociale.

C’est pour cela que non, je n’ai pas besoin de quelqu’un pour m’habiller.

Non, je n’ai pas besoin de quelqu’un pour décorer mon logement.

Non, je n’ai pas besoin de quelqu’un pour habiller mes enfants.

Le handicap visuel n’empêche pas l’autonomie.
Il demande simplement d’autres repères.

Les couleurs ne sont pas absentes de ma vie.
Elles sont présentes autrement.

Je ne les perçois pas avec mes yeux, mais avec les mots, les symboles, les objets du quotidien et les émotions qu’on leur associe.

Et lorsque je choisis un bouquet de fleurs pour mon mariage, je ne le choisis pas avec le regard, mais avec la description, l’harmonie, la symbolique et surtout la confiance accordée à la personne qui m’accompagne.

Ce rendez-vous chez le fleuriste nous a rappelé une chose essentielle :
le handicap visuel n’empêche ni les goûts, ni les choix, ni les projets de vie.

Il demande seulement un peu d’écoute, de respect… et parfois une simple question posée avec bienveillance :

« Est-ce que cela vous dérange si je vous parle de couleurs ? »

Parce que la vraie inclusion commence souvent exactement là.
#pagaillevégétale #handicapvisuel #nonvoyantetcouleur #associationdevêtement

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