découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour
Les loisirs, ça continue… et non, la vie ne s’arrête pas parce qu’on ne voit pas
On entend encore parfois des choses du genre :
“Ah bon ? Une personne aveugle peut faire du sport ?”
Oui. Et même sans demander la permission à son canapé.
Une personne aveugle peut pratiquer de très nombreux sports. Et parfois, encore mieux, ces sports peuvent se vivre en famille. Parce que le sport, ce n’est pas seulement une affaire de performance : c’est aussi une affaire de partage, de confiance, de fous rires… et parfois de courbatures dont tout le monde se plaint ensemble, ce qui soude beaucoup.
Dans ma famille, par exemple, mon fils, qui est voyant, est gardien de but au cécifoot. Et ça, c’est déjà une belle image de l’inclusion en action. En cécifoot, les joueurs de champ évoluent avec un ballon sonore, tandis que le gardien peut être voyant ou malvoyant selon la catégorie.
Ce sport est une adaptation du football pour les personnes déficientes visuelles, avec des repères sonores et humains qui permettent de jouer pleinement, intensément, et sans aucune pitié pour les tibias adverses. 
Mais bien entendu, il n’y a pas que le cécifoot. Heureusement d’ailleurs, sinon il faudrait tous aimer le ballon rond, et ce serait un peu autoritaire.
De nombreuses personnes aveugles pratiquent la course à pied, et plus largement l’athlétisme. Pour la course, on peut être guidé par une personne voyante. On court ensemble, reliés ou coordonnés, avec une communication constante. En clair : l’un donne le rythme, l’autre donne la preuve qu’on peut faire confiance… même essoufflé.
Une personne aveugle peut également pratiquer l’escalade. Le principe est simple : le grimpeur est guidé à la voix par une personne qui lui indique où placer les mains et les pieds. Certaines structures disposent même de prises sonores. Cela demande une bonne écoute, de la précision, et une sacrée capacité à garder son calme quand on vous dit : “Un peu à gauche… non, ton autre gauche.” 😊
Nous pouvons aussi pratiquer le showdown. Le showdown, c’est un sport de raquette qui ressemble à un cousin très nerveux du tennis de table et du air hockey. Il se joue sur une table spéciale, avec une balle sonore, une raquette, un gant de protection et surtout beaucoup d’oreille. Le but est d’envoyer la balle sous un écran central pour marquer dans le but adverse. Oui, dit comme ça, ça a l’air simple. En vrai, ça fuse. Et bonne nouvelle : ce sport peut aussi être pratiqué par des joueurs valides en loisir, à condition de porter un masque opaque. Là, tout le monde est logé à la même enseigne : celle du silence et des réflexes. 
Dans les sports spécialement développés pour les déficients visuels, on trouve aussi le torball. et le goalball Le torball est un sport collectif rapide, joué avec un ballon sonore que l’on lance au sol pour tenter de marquer dans le but adverse, pendant que l’équipe d’en face plonge pour défendre. Il faut écouter, anticiper, se repérer, et accepter de finir parfois allongé par terre avec beaucoup de dignité… ou pas.
Les joueurs valides peuvent également être admis sur le terrain à condition d’avoir les yeux masqués, ce qui garantit l’équité de pratique. 
Le cyclisme est lui aussi accessible, à condition de le pratiquer en tandem. À l’avant, le pilote voyant ; à l’arrière, le ou la partenaire déficient visuel. Résultat : deux personnes, deux mollets, une seule direction, et normalement pas trop de débat sur le freinage dans les descentes. 
Certaines personnes adorent être dans l’eau : bonne nouvelle, l'aquagym ainsi que la natation sont entièrement accessibles. Elles peuvent être pratiquées en loisir où en compétition pour la natation, avec les adaptations nécessaires au départ, à l’orientation dans le couloir ou à l’arrivée. Et dans l’eau, au moins, personne ne vous dit “regarde où tu mets les pieds”, ce qui est quand même reposant.
Les arts martiaux sont également possibles, notamment le judo, mais aussi d’autres disciplines selon les clubs et les encadrants. Le judo est d’ailleurs particulièrement adapté, puisqu’il repose déjà beaucoup sur le contact, l’équilibre, les sensations et l’écoute du corps de l’autre. Pour une fois, s’agripper à quelqu’un est non seulement autorisé, mais recommandé.
Dans les sports de raquette, en dehors du showdown, on compte aussi le blind tennis. Le principe reprend les bases du tennis, mais avec des adaptations, notamment une balle sonore et des rebonds autorisés en plus selon les catégories. Là encore, on retrouve la même idée forte : adapter la règle, pas diminuer le sport. 
Parmi les nouveautés, on peut aussi citer le cécirugby. C’est une discipline récente et particulièrement inclusive, imaginée pour permettre aux personnes déficientes visuelles de goûter aux joies du ballon ovale, avec un ballon sonore, un terrain adapté, des repères tactiles et sonores. et des joueurs voyants qui jouent eux aussi avec un masque occultant. Autrement dit : personne ne triche, tout le monde s’engage, et pour une fois au rugby, on peut découvrir le jeu sans avoir besoin de sortir avec les oreilles qui sifflent et la coiffure en mêlée. 
Et puis il y a aussi les sports d’hiver. Les Jeux paralympiques d’hiver viennent en effet de se terminer, et parmi les disciplines accessibles aux sportifs déficients visuels, on peut citer par exemple le biathlon, mais aussi le ski nordique ou le ski alpin avec guidage vocal. Comme quoi, même dans le froid, même sur des skis, même avec une carabine dans certaines disciplines, l’accessibilité sportive existe bel et bien. 
Quelques idées de contacts :
Pour le cécifoot, de nombreux clubs existent. En Île-de-France, on peut par exemple citer All’s Motion Sport, souvent mentionné parmi les structures investies dans cette pratique. Pour le torball, à Reims, l’association Le Regard au Bout des Doigts propose bien cette activité. Pour le showdown, prenons l’exemple de Nice : l’association ANICES propose cette discipline, ainsi que d’autres sports comme le torball, l’athlétisme, le tandem-vélo ou la natation/fitness. Pour le cyclisme en tandem en Île-de-France, on peut aussi citer la STAARP à Montreuil comme piste de contact utile. 
Pour l’athlétisme, comme pour la natation, il est souvent possible de pratiquer dans de nombreux clubs de votre ville, à condition de prendre contact et d’expliquer vos besoins d’adaptation. Et si vous cherchez une structure près de chez vous, il existe aujourd’hui des annuaires spécialisés, notamment via la Fédération Française Handisport, qui permettent d’identifier des clubs et associations par discipline et par territoire. 
Alors non, le handicap visuel ne condamne ni au fauteuil de salon, ni au rôle officiel de commentateur des exploits des autres. On peut courir, nager, grimper, combattre, pédaler, plonger, tirer, défendre, attaquer, transpirer, gagner, perdre, recommencer… bref, faire du sport. Du vrai. Pas une version “mignonne”, pas une version “pour occuper”, mais du sport, avec des règles, des exigences, du plaisir, du collectif, de l’engagement et parfois un esprit de compétition très sérieux sous un bandeau très opaque.
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