découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour
Un feu piéton avec le signal vert allumé à côté d’un boîtier d’appel et d’information sonore. Le pictogramme vert montre une silhouette en marche, et des symboles d’ondes et de notes de musique suggèrent un signal sonore. Sur le boîtier, le texte lisible est « INFO APPEL ». Une bulle de texte indique « Prochain bus : 3 minutes… ». Au premier plan, une femme portant des lunettes de soleil marche avec une canne blanche et un chien guide de type labrador beige portant un harnais marqué « GUIDE ». Le sol comporte une bande de dalles podotactiles jaunes au bord du passage. En arrière-plan, un parc avec des arbres, un panneau de plan, des personnes assises sur un banc, deux pigeons au sol, et des immeubles au loin sous un ciel partiellement nuageux.
L’accessibilité pour les personnes déficientes visuelles : mode d’emploi (avec un peu d’humour et beaucoup de bon sens) Quand on parle d’accessibilité pour les personnes déficientes visuelles, il y a une chose importante à comprendre dès le départ : oui, nous avons le même type de handicap… mais non, nous n’avons pas tous les mêmes besoins. Comme tout le monde, nous sommes différents. Certains préfèrent le café, d’autres le thé. Certains adorent le silence, d’autres la musique. Eh bien pour l’accessibilité, c’est pareil.
Cela dit, il existe quand même quelques aménagements qui sont utiles à peu près pour tout le monde.
Par exemple, beaucoup d’entre nous possèdent une petite télécommande qui permet d’activer les balises sonores . Ce sont un peu nos panneaux indicateurs… mais version audio. Grâce à elles, on peut entendre où se trouve l’entrée d’un bâtiment administratif, d’un magasin ou d’un service public. Très pratique, surtout quand on n’a pas envie de tester toutes les portes du quartier au hasard.
Dans la même famille, on trouve les feux sonores aux passages piétons. Ce petit signal qui nous dit quand le feu est vert ou rouge. Pour les voyants, c’est un simple bonhomme lumineux. Pour nous, c’est un peu la voix de la sagesse qui dit :
« Tu peux traverser… ou alors attends encore un peu si tu tiens à rester en un seul morceau. »
Il y a aussi les bandes podotactiles , ces reliefs au sol que l’on sent avec les pieds ou avec la canne. Elles servent à indiquer un passage piéton ou le début d’un escalier. En résumé : elles nous évitent quelques surprises du genre descendre une marche… qu’on n’avait pas du tout prévue.
Attention cependant à ne pas les confondre avec les bandes de guidage . Celles-ci indiquent une direction : vers l’entrée d’un bâtiment, un guichet, un ascenseur, des toilettes… Bref, elles nous guident. Mais idéalement, elles devraient être associées à une balise sonore. Parce que suivre une bande sans savoir où elle mène, c’est un peu comme suivre un GPS qui dirait simplement : « Avance… avance encore… tu verras bien. »
À l’entrée de certains lieux publics — musées, centres commerciaux, grandes administrations — il pourrait aussi y avoir un plan en braille ou en gros caractères , ou même un plan sonore avec prise casque. Placé sur le côté du hall (et pas au beau milieu, histoire d’éviter que tout le monde nous contourne comme un rond-point). Cela nous permettrait de comprendre l’organisation du lieu avant de partir à l’aventure.
Côté transports, Paris et sa proche banlieue proposent déjà quelque chose de très pratique : aux arrêts de bus, un bouton permet d’entendre l’heure du prochain passage. L’information est annoncée à voix haute. Simple, efficace, et franchement utile. On pourrait tout à fait imaginer ce système dans toutes les communes de France. Parce que rester dix minutes à se demander si le bus arrive dans deux minutes… ou dans vingt… ce n’est amusant pour personne.
Parlons maintenant culture . Les musées proposent aujourd’hui des audioguides, ce qui est une excellente chose. Mais bien souvent, il faut une personne voyante pour naviguer dans les menus de la tablette. L’idéal serait que ces appareils soient entièrement vocalisés. Ainsi, chacun pourrait se débrouiller seul. Parce qu’apprécier une œuvre d’art, c’est encore mieux quand on n’a pas besoin d’un assistant technique à côté.
Les bibliothèques municipales, elles aussi, pourraient proposer davantage de livres audio . Bien sûr, il existe des plateformes comme Éole ou Audible. Mais tout le monde n’y a pas forcément accès. Une médiathèque accessible, c’est aussi une médiathèque qui pense à tous ses lecteurs… même ceux qui lisent avec leurs oreilles.
Quand on est parent, certaines démarches scolaires peuvent aussi devenir un vrai parcours du combattant. Remplir un sondage sur PRONOTE pour savoir si l’on sera présent à une réunion peut parfois ressembler à un jeu vidéo… sauf qu’on ne voit pas l’écran.
Avec les enseignants de mes enfants, nous avons trouvé une solution simple : un groupe WhatsApp . Cela pourrait tout aussi bien être par SMS, par mail ou par téléphone. L’idée est simplement de communiquer facilement. Après tout, nos enfants savent très bien créer des groupes de classe pour discuter des devoirs ou des potins du jour… alors pourquoi ne pas proposer automatiquement ce type de solution aux parents déficients visuels ?
Les écoles pourraient aussi proposer, en début d’année, un rendez-vous avec la vie scolaire pour remplir ensemble les documents administratifs. Parce que très souvent, ce sont nos enfants qui nous aident à le faire. Et soyons honnêtes : ce n’est pas vraiment leur rôle.
Dans le monde du travail, un peu plus de bon sens humain serait également apprécié. Parfois, il serait plus simple d’adapter un poste rapidement plutôt que d’attendre des mois de démarches administratives. L’accessibilité, ce n’est pas seulement des formulaires. C’est aussi de la bonne volonté.
Et parlons maintenant de nos compagnons à quatre pattes : les chiens guides. Pour beaucoup d’entre nous, ils sont bien plus qu’une aide technique. Ce sont des partenaires de vie.
Il serait donc très utile que les communes informent clairement les personnes concernées de l’existence des espaces verts ou parcs pour chiens . Car il m’est déjà arrivé d’entendre :
« Madame, votre chien est le bienvenu… mais il n’a pas le droit de faire ses besoins ici. »
Dans ces moments-là, on se dit que connaître l’existence d’un parc à chiens aurait été bien pratique. Cela permettrait à nos compagnons de courir, jouer, se défouler… et à nous de rencontrer d’autres humains. Oui, nous aussi nous aimons discuter dans un parc pendant que les chiens se font des amis.
Et justement, chers compatriotes voyants, un petit message pour vous :
N’ayez pas peur de nous parler.
Le handicap visuel n’est pas contagieux, promis. Vous pouvez tout à fait discuter avec une personne malvoyante dans un parc, rire ensemble, boire un verre, parler des enfants, de la météo ou du dernier film à la mode. Vous n’êtes pas obligés de commencer la conversation par :
« Est-ce que je peux vous aider à traverser ? »
Bien sûr, votre aide est souvent précieuse. Mais parfois, nous avons simplement envie d’échanger… comme tout le monde.
Et pour finir, rappelons une chose importante : beaucoup d’adaptations pensées au départ pour les personnes handicapées profitent finalement à tout le monde.
Prenons un exemple très simple : la télécommande de la télévision . À l’origine, elle a été conçue pour les personnes ayant des difficultés motrices afin de changer de chaîne sans se lever.
Aujourd’hui, soyons honnêtes : qui se lève encore pour appuyer sur le bouton de la télévision ?
Exactement.
L’accessibilité n’est donc pas seulement une question de handicap. C’est souvent une question de confort, d’intelligence et de bon sens .
Alors la prochaine fois que vous rencontrerez une personne déficiente visuelle, souvenez-vous simplement de ceci : nous sommes avant tout des personnes. Avec de l’humour, des passions, des enfants, des amis, des galères… et parfois même un chien qui tire un peu trop sur le harnais.
Bref, des humains, tout simplement.