découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour
Un jour, une amie se promenait tranquillement quand elle a aperçu, un peu plus loin sur le trottoir, une personne non-voyante avançant avec sa canne blanche.
Le trottoir était large, tout allait bien… sauf qu’en face, il y avait un arbre.
Et là, grand moment de solitude pour mon amie.
Son cerveau est parti en réunion de crise :
“Est-ce que je dois dire : attention, arbre droit devant ?”
“Est-ce que je dois intervenir ?”
“Est-ce que je touche son bras ? … Non, non, non, ça fait tout de suite film catastrophe.”
“Est-ce que je la guide ? Est-ce que je me tais ? Est-ce que je deviens moi-même un obstacle humain ?”
Bref, en trois secondes, elle avait lancé un épisode entier de “Que ferait une personne correcte dans cette situation ?” Finalement, elle n’a rien fait.
Elle a laissé la personne continuer son chemin, avec sa canne blanche, qui a détecté l’arbre parfaitement, comme prévu.
Résultat : pas de collision spectaculaire, pas de cascade, pas de remake de Fast and Furious : le trottoir . Juste une personne autonome… qui gérait très bien sa vie sans assistance improvisée.
Elle est ensuite venue m’en parler en me demandant :
“Mais du coup, j’aurais dû faire quoi ?”
Et franchement, selon moi : rien .
Ou plutôt, elle a fait exactement ce qu’il fallait.
Parce que non, une personne aveugle ou malvoyante n’est pas forcément en détresse dès qu’un arbre entre dans le décor.
La canne blanche, ce n’est pas un accessoire pour compléter une tenue : c’est un vrai outil de déplacement , pensé précisément pour repérer les obstacles.
Et puis, détail que beaucoup de personnes voyantes ignorent : certains éléments fixes du paysage — arbres, poteaux, bancs, poubelles, bordures — peuvent aussi servir de repères utiles .
Oui, je sais, dit comme ça, ça surprend.
Pour une personne voyante, un poteau c’est souvent juste un truc agaçant au milieu du passage.
Pour une personne déficiente visuelle, ça peut être :
“Ah, parfait, le poteau. Donc dans trois mètres, je tourne à gauche.”
Comme quoi, tout le monde n’a pas la même relation émotionnelle au mobilier urbain.
Le vrai bon réflexe, ce n’est donc pas de se jeter sur la personne comme un super-héros mal briefé.
C’est d’abord de se rappeler une chose essentielle : le handicap visuel n’empêche pas l’autonomie .
Aider, oui.
Infantiliser, non.
Surprendre en attrapant quelqu’un par le bras sans prévenir, encore moins.
En revanche, s’il y a un vrai danger immédiat — un trou, un chantier, un vélo lancé à pleine vitesse, une voiture, bref un truc qui sent la mauvaise idée — là, oui, on peut parler.
Mais simplement, calmement, en s’adressant à la personne :
“Bonjour, je me permets de vous prévenir, il y a un obstacle juste devant.”
Et si besoin, on propose de l’aide. On ne l’impose pas.
Moralité :
parfois, la meilleure aide, c’est de ne pas paniquer à la place de l’autre.
Et de faire confiance à ses compétences, à ses outils, et à son autonomie.
Parce qu’au fond, dans cette histoire, la seule personne vraiment perdue…
ce n’était pas la personne non-voyante.
C’était surtout la voyante, en PLS mentale face à un arbre.#handicapvisuel #mobilierurbain #canneblanche