découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour
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C'est quoi l'insuline ? | Des maux, des mots
OIIS Ma Santé et Réunion 1ère vous présentent " Des maux ? Des mots ! ", votre programme court et décalé, sur le thème de la santé ! Sébastien Payet aborde sérieusement, mais avec une tou...
Il faut savoir, très cher lecteur, qu’en plus d’être non-voyante , je suis diabétique depuis une quinzaine d’années . Autant dire que les piqûres et moi, on se connaît, on se tutoie même.
Dernière nouveauté dans ma vie déjà bien animée : on ajoute à mon traitement une injection d’insuline une fois par semaine , avec une dose très précise . Jusque-là, tout va bien. Confiance absolue, je me rends donc à la pharmacie, ordonnance en main, sourire intérieur en bandoulière.
Le pharmacien me remet un stylo d’insuline flambant neuf , que je ne connais pas encore, et me dit tranquillement :
— Il faut que vous fassiez 0,5 mg. Parfait.
Je demande alors, naïve mais expérimentée :
— C’est comme les autres stylos ? On tourne et on compte les clics ? Réponse :
— Mais non, vous tournez jusqu’à 0,5. Certes, monsieur. J’entends très bien. Le problème, c’est que mes oreilles n’ont pas encore appris à lire les chiffres imprimés sur le stylo . Je précise donc :
— Il faudrait que je compte les clics pour savoir combien correspondent à 0,5. Et là, révélation :
— Mais non, vous tournez, c’est tout. Il faut deux tours pour arriver à 0,5. Deux tours…
Très bien.
Nouvelle question, visiblement audacieuse :
— Et comment puis-je savoir que le stylo a fait un tour complet ? Silence. Puis :
— Vous n’avez pas d’infirmière ? Non.
Je fais mes injections toute seule , comme une grande. Il suffirait donc simplement que je sache combien de clics correspondent à la dose prescrite.
Je décide alors de faire une chose totalement révolutionnaire : je compte .
Un clic. Deux clics. Trois clics…
Arrivée à 40 clics , le stylo s’arrête.
— Ah ben voilà, c’est 0,5 , me dit-il.
Je ne peux m’empêcher de penser — et de dire :
— N’aurait-il pas été plus simple de me dire : “Vous tournez jusqu’à ce que le stylo s’arrête” ? Silence radio.
Pas même un petit clic.
Pourtant, avant que je ne le fasse , lui l’avait fait.
Mais voilà : ses yeux ont vu 0,5 , donc le problème n’existait pas.
Pour une personne voyante, ce genre de détail ne compte pas.
Pour une personne non-voyante, c’est la différence entre autonomie et dépendance , entre sécurité et stress inutile .
Moralité ?
Cela m’apprendra à changer de pharmacie. Tout ça pour ne pas faire 500 mètres de plus … eh bien je les ferai la prochaine fois, ces 500 mètres. Avec plaisir.
Peut-être était-il nouveau. Peut-être était-ce un jour sans.
Mais je me dis quand même que, durant leurs études, le corps médical et paramédical gagnerait énormément à recevoir une formation un peu plus poussée sur le handicap , même quelques heures.
Juste assez pour apprendre une chose essentielle :
👉 Ce qui est évident pour les yeux ne l’est pas pour tous. Et parfois, faire simple , c’est simplement se mettre à la place de l’autre .