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découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour

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Il faudrait revoir votre mode de fonctionnement

Il faudrait revoir votre mode de fonctionnement
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Aujourd’hui, je ne suis pas franchement de bonne humeur. Et pour cause : je dois faire un achat. Pas un petit achat plaisir, non. Un achat de matériel adapté. Du matériel censé me simplifier la vie en tant que personne déficiente visuelle.

Alors déjà, petit détail : ce genre de matériel ne se trouve ni chez Boulanger, ni sur Amazon, ni au rayon “livraison en 24h avec option sourire”. Non, ici on parle de fournisseurs spécialisés. Très spécialisés. Tellement spécialisés que, visiblement, le paiement aussi doit l’être.

Bonne nouvelle : on peut payer en plusieurs fois. Super. Vraiment. Sauf que… pour ça, il faut envoyer plusieurs chèques.

Oui, des chèques.

En 2026.

Alors soyons honnêtes : j’ai la chance d’avoir un ami formidable qui accepte de les remplir pour moi. Il me prête ses yeux, son temps, et son stylo. Mais prenons deux secondes pour imaginer quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’a pas cet ami disponible. Quelqu’un qui ne maîtrise pas les applications bancaires capables d’éditer des chèques. Quelqu’un qui n’a pas d’imprimante à domicile. Bref, quelqu’un qui doit demander à une personne extérieure de remplir un chèque à sa place.

Remplir un chèque, ce n’est pas anodin. On parle d’un document bancaire, avec un montant, un ordre, une signature. Et quand on ne peut pas le relire soi-même, on signe avec un petit frisson d’adrénaline. Surprise ! Est-ce que c’est bien écrit ? Est-ce qu’il manque un zéro ? Est-ce que je viens d’acheter trois machines au lieu d’une ? Suspense.

Et ce n’est pas fini.

Une fois les chèques remplis, il faut les envoyer. Pas les déposer. Non. L’adresse fournie est une boîte postale. Donc impossible d’y aller physiquement. Il faut les poster.

Ce qui signifie : une enveloppe. Une adresse à écrire. Encore du temps pour mon ami. Encore une dépendance.

Et là, une question toute simple me vient : comment une entreprise ou une association qui vend du matériel destiné aux personnes déficientes visuelles peut-elle ne pas se demander si son mode de paiement est, lui aussi… accessible ?

Nous sommes à l’ère du numérique. Les virements existent. Les prélèvements automatiques existent. Les RIB ne sont pas des créatures mythologiques. Mettre en place un paiement échelonné par prélèvement bancaire, c’est techniquement possible, sécurisé, et surtout… autonome.

Ce qui est un peu ironique, finalement, c’est que je dois déployer une logistique digne d’une mission spatiale pour acheter du matériel censé me faciliter le quotidien.

On parle souvent d’inclusion. Mais l’inclusion, ce n’est pas seulement concevoir un produit adapté. C’est penser l’ensemble du parcours : information, commande, paiement, livraison. Sinon, c’est comme vendre une canne blanche… avec un mode d’emploi écrit en taille 6.

Ce que je demande n’a rien d’extraordinaire. Juste la possibilité de payer sans dépendre de quelqu’un. Juste la possibilité d’être autonome jusqu’au bout. Parce que l’accessibilité ne devrait pas s’arrêter à la porte du service comptabilité.

Et promis, si un jour je peux payer en plusieurs fois par prélèvement, je signerai avec le sourire. Sans suspense.

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