découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour
À la mairie du 11e arrondissement de Paris : l’accessibilité en option Quelle semaine.
Nous préparons notre mariage. Nous devrions être dans la joie, l’impatience, les derniers détails un peu stressants mais heureux.
Hier, nous nous sommes rendus à la mairie du 11e arrondissement de Paris , puisque c’est là que nous nous marions samedi.
Et une fois encore, l’accueil a été exactement le même que la fois précédente.
Exactement.
Première étape : trouver l’accueil principal.
La mairie du 11e est dotée de bandes de guidage au sol. Enfin… dotée. Disons qu’elles existent. Elles partent dans plusieurs directions, s’interrompent, reprennent. Une sorte de parcours sensoriel improvisé. Peut-être une nouvelle discipline olympique : le slalom administratif.
Après avoir cherché, tourné, hésité, nous finissons par trouver le bureau d’accueil.
Nous attendons notre tour.
Nous expliquons calmement que nous avons reçu un mail nous demandant de nous présenter quelques jours avant le mariage au bureau numéro 7.
L’hôtesse commence à nous indiquer le chemin.
Nous demandons simplement :
« Serait-il possible de nous accompagner jusqu’au bureau 7, s’il vous plaît ? »
Silence.
Un “Pardon ?” agacé.
Je répète. Toujours poliment.
Elle marmonne. Elle dit qu’elle revient.
Elle part.
Elle revient.
Elle nous demande d’attendre : quelqu’un va nous accompagner.
Quelques secondes plus tard, elle nous indique que la personne est derrière nous.
Cette personne, c’est l’agent de sécurité.
Seul à son poste.
Et d’une gentillesse irréprochable.
Je lui demande si l’hôtesse est venue le chercher.
Oui.
Donc elle a quitté son bureau.
Donc elle pouvait se déplacer.
Donc elle aurait pu nous accompagner.
À l’accueil, ils sont deux.
À la sécurité, il est seul.
Cherchez l’erreur.

Ce qui me met en colère, ce n’est pas un manque de sourire.
Ce n’est pas un ton un peu froid.
C’est qu’accompagner une personne en situation de handicap visuel ne semble pas être un réflexe professionnel.
L’accessibilité, ce n’est pas coller des bandes au sol pour se donner bonne conscience.
L’accessibilité, ce n’est pas cocher une case sur un formulaire.
L’accessibilité, ce n’est pas “on va appeler quelqu’un”.
L’accessibilité, c’est comprendre que lorsqu’une personne malvoyante ou non-voyante demande à être accompagnée, ce n’est pas du confort.
C’est une nécessité.
Les agents d’accueil sont la vitrine d’un service public.
Et quand la vitrine renvoie de l’agacement à une demande légitime, ce n’est pas un détail : c’est un message.
Un message qui dit : “Votre besoin nous dérange.”
Et ce qui est le plus triste, c’est que ce n’est pas la première fois que cela se produit dans cette même mairie du 11e arrondissement de Paris.
Deux expériences.
Deux accueils identiques.
Aucune remise en question visible.
Je me marierai samedi avec amour et fierté.
Mais je refuse de banaliser ce qui ne devrait pas l’être.
Parce que le handicap visuel ne devrait jamais être perçu comme une contrainte pour un service public.
Et parce que l’accueil n’est pas un luxe.
C’est une responsabilité.