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découvrez ici une anecdote par jour. Nous avons le plaisir de vous faire partager nos aventures de mères aveugles avec nos enfants et nos concitoyens valides. Une bonne touche d'humour vous est offerte pour égayer vos journées ou soirées. Une sensibilisation douce et drôle au handicap visuel. Bonne lecture. #Handicap #sensibilisation #parents #aveugles #humour

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Petit rappel

Quand je traverse la rue seule, deux réactions reviennent très souvent.

La première :
— « Waouh… mais vous êtes une héroïne ! » La seconde :
— « Mais… vous n’avez pas peur ? C’est impossible de faire ça toute seule ! » 

Alors mettons tout de suite les choses au clair :
je ne porte ni cape, ni super-pouvoirs, et non, je n’ai pas développé un sixième sens magique. Je suis simplement une personne aveugle… qui a appris à se déplacer.

Le handicap visuel suscite encore beaucoup d’idées reçues. Pour certains, une personne non-voyante serait forcément dépendante, incapable de se débrouiller seule. Pour d’autres, dès qu’elle fait quelque chose du quotidien — marcher dans la rue, prendre les transports ou traverser un carrefour — cela devient un exploit extraordinaire.

La réalité se situe entre les deux.

Oui, se déplacer sans voir demande des apprentissages, de la concentration et de l’expérience.
Mais non, ce n’est ni impossible, ni héroïque.

C’est simplement une autre manière de percevoir le monde : avec les oreilles plutôt que les yeux, avec la mémoire plutôt que les repères visuels, et avec beaucoup d’adaptation.

Dans cet article, je vais vous expliquer comment je traverse la rue quand je suis seule.
Sans magie. Sans miracle. Juste avec des techniques, des outils… et de l’écoute.
 L’écoute du carrefour Quand j’arrive à un carrefour, je commence toujours par m’arrêter pour écouter.

La circulation donne énormément d’informations : les voitures qui roulent, celles qui s’arrêtent, celles qui redémarrent, leur direction, leur vitesse. Avec le temps, j’ai appris à reconnaître ces sons et à comprendre la logique du carrefour.

Cette écoute attentive me permet de me créer une représentation mentale de l’endroit où je me trouve.  Les feux sonores Lorsque le carrefour est équipé, le feu piéton est sonore.
Ce dispositif me permet d’identifier le moment où la traversée est autorisée, sans dépendre de quelqu’un.

Tous les carrefours ne disposent pas de feux sonores, c’est pourquoi l’écoute du trafic reste un repère essentiel dans mes déplacements.  Le positionnement avant la traversée Avant de traverser, je me place correctement face à la rue.

Ma canne blanche me permet de repérer la bordure du trottoir, de vérifier mon alignement et d’anticiper les obstacles éventuels.

Elle joue un rôle fondamental :
elle sécurise mes déplacements, me sert de repère, et signale clairement ma présence aux autres usagers.  Pendant la traversée Une fois engagée, je continue à m’appuyer sur les sons environnants pour rester dans l’axe et ajuster ma trajectoire si nécessaire.

La canne me permet de détecter le trottoir opposé, un îlot central ou tout élément pouvant se trouver sur mon passage.  Ce que les gens imaginent… et la réalité Non, je ne suis pas une héroïne.

Et non, je ne me mets pas en danger volontairement.

Je me déplace simplement grâce à des techniques apprises, de l’expérience, une écoute permanente et des outils adaptés.

Comme tout le monde, j’ai appris à me repérer dans la ville — simplement d’une façon différente.  En conclusion Être aveugle ne signifie pas être immobile.

Avec une canne blanche, de l’apprentissage, de la pratique et un environnement accessible, il est tout à fait possible de se déplacer seul.

Ce n’est ni extraordinaire, ni impossible.
C’est juste de l’autonomie.

Et peut-être que la vraie difficulté n’est pas tant de traverser la rue…
mais de faire évoluer le regard que l’on porte encore sur le handicap visuel.

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